Anne-Marie est revenue...!

Suivant les renseignements qu'a bien voulu me donner Mr Tomas, rapatrié d'Oran qui a participé à la pose et à l'électrification du clocher de Notre-Dame d'Espérance à Savigny-sur-Orge, notre cloche y a été rapatriée par l'intermédiaire du Comité National des Constructions d'Églises (C.N.C.E.) vers 1965.
Je dois dire, qu'au cours de notre passage à Palestro en janvier 1986, nous n'avions  retrouvé ni église, ni clocher, tout avait disparu à l'exception de la cloche qui était là, comme une âme perdue
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LA CONSTRUCTION DE NOTRE-DAME D'ESPÉRANCE  à Savigny-sur-Orge (91)
Le chantier fut ouvert de façon effective en septembre 1963 par l'Entreprise des Grands Travaux de l'Est, qui construisait les immeubles de la SEMICLE. Le conducteur de travaux M. Le Pober et le chef de chantier M. Martinato menèrent les travaux rapidement ; le froid de l'hiver 1963-64 interrompit le bétonnage quelques jours, mais, dans l'ensemble, tout se passa bien. Un échafaudage encadrait l'église pour couler la voûte, tout l'intérieur était également échafaudé.
Les verrières sont l'œuvre de M. Lamarque, peintre qui habite toujours Savigny il était impossible, pour des raisons financières, de monter des vitraux au plomb dans les grandes baies prévues par l'architecte aussi a-t-on équipé des châssis préfabriqués en béton de véritables verres à vitrail, soufflés à la bouche dans l'usine de Saint-Just-sur-Loire, appartenant à la Société Saint-Gobain. Par contre, le baptistère est éclairé par un véritable vitrail, dessiné par M. Lamarque, et qui représente une colombe stylisée, symbole du St-Esprit descendant sur le baptisé. Le baptistère lui-même est l'œuvre de M. Augst, sculpteur savinien, qui a réalisé le monument aux morts devant la mairie.
Après la mise en service, de nombreux travaux annexes furent réalisés progressivement : aménagement des jardins, pose d'une croix , bois et d'une statue de Notre Dame d'Espérance, achat de bancs supplémentaires, érection d'un clocher métallique, et installation de salles derrière l'église avec un logement. La statue, taillée dans une grosse poutre en chêne par Mme Fayer-Leroy, de confession protestante, a été bénie le 8 décembre 1965
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Quant au clocher, le montage, le soudage, l'alimentation électrique furent l'œuvre d'un Pied Noir de Grandvaux, M. Tomas. Et l'Association des Pieds Noirs finança en grande partie le clocher : en effet, les trois cloches sont, elles aussi, des rapatriées d'Algérie.
La plus grosse est un mi de 100 kg, venant de Miliana ; n'ayant pas de nom connu, on l'a baptisée Martin. La moyenne est un " sol ", de 60 kg, qui provient de Dupleix, et s'appelle Thérèse.
La petite, un " do ", placée en haut du clocher, pèse 35 kg originaire de Palestro, elle répond au nom d'Anne-Marie.